Notre méthode
Les dates de gel
Nous partons des relevés quotidiens des stations de Météo-France (données climatologiques de base, Licence Ouverte 2.0), sur la période 1991-2020. Pour chaque station et chaque année, nous relevons la dernière gelée de printemps (dernier jour, avant le 1er août, où la température minimale sous abri descend à 0 °C ou moins) et la première gelée d’automne. Une station n’est retenue que si elle compte au moins vingt années complètes.
« Neuf années sur dix, la dernière gelée est passée le 29 avril » signifie que, sur ces trente années, la dernière gelée est arrivée plus tard que cette date une année sur dix seulement.
Le climat de votre commune
Une commune a rarement sa propre station. Nous combinons les trois stations retenues les plus proches, dans un rayon de 40 km, en donnant plus de poids aux plus proches (inverse du carré de la distance). Les températures sont ramenées à l’altitude de la commune avec le gradient de l’atmosphère standard de l’OACI (0,65 °C par 100 m). Les dates de gel ne sont pas corrigées de l’altitude.
En montagne et sur les littoraux, les trois stations les plus proches peuvent être d’altitudes très différentes de celle de la commune. Si l’altitude moyenne de ces stations s’écarte de plus de 150 m de celle de la commune, nous recommençons en comptant 5 km de distance de plus par 100 m d’écart d’altitude, et en écartant les stations qui diffèrent de plus de 300 m. Si l’écart reste supérieur à 150 m, la commune n’a pas de fiche : nous préférons ne rien afficher plutôt qu’une date fausse. Limite connue : une commune du littoral entourée de stations de l’intérieur, comme Marseille, peut apparaître un peu plus froide que la réalité.
Les chiffres
En France, 1 622 stations de Météo-France remplissent nos conditions, et 34 394 communes ont leur fiche climatique. En France, dans neuf communes sur dix, la dernière gelée de printemps (passée neuf années sur dix) tombe entre le 6 avril et le 20 mai, et la première gelée d’automne (une année sur dix) entre le 28 septembre et le 5 novembre. On compte de 24 à 93 jours de gel par an et de 650 à 1 305 mm de pluie, pour 34 394 communes (moyennes Météo-France 1991-2020). Dans le Nord, le littoral gagne plus d’un mois de saison sans gel sur l’intérieur et les reliefs. Le tableau donne des communes citées dans nos guides.
| Commune | Altitude | Mer | Dernière gelée, médiane | Dernière gelée, 9 ans sur 10 | Première gelée, 1 an sur 10 | Première gelée, médiane | Jours de gel | Pluie |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nice | 3 m | 0 km | 12 janvier | 19 février | 24 décembre | 2 janvier | 3 | 810 mm |
| Perpignan | 30 m | 12 km | 17 février | 5 mars | 20 novembre | 7 décembre | 11 | 575 mm |
| Marseille | 3 m | 1 km | 24 février | 20 mars | 17 novembre | 4 décembre | 21 | 590 mm |
| Dunkerque | 6 m | 2 km | 20 février | 21 mars | 17 novembre | 11 décembre | 18 | 695 mm |
| Paris | 32 m | 149 km | 27 février | 25 mars | 9 novembre | 27 novembre | 22 | 665 mm |
| Brest | 54 m | 1 km | 22 février | 27 mars | 22 novembre | 13 décembre | 11 | 1 085 mm |
| Bordeaux | 9 m | 7 km | 7 mars | 30 mars | 4 novembre | 24 novembre | 22 | 875 mm |
| Toulouse | 142 m | 145 km | 7 mars | 6 avril | 26 octobre | 20 novembre | 27 | 630 mm |
| Lyon | 170 m | 242 km | 26 mars | 10 avril | 23 octobre | 15 novembre | 45 | 805 mm |
| Strasbourg | 141 m | 392 km | 31 mars | 20 avril | 25 octobre | 16 novembre | 46 | 720 mm |
| Lille | 23 m | 63 km | 5 avril | 23 avril | 22 octobre | 14 novembre | 39 | 765 mm |
| Arras | 70 m | 79 km | 10 avril | 29 avril | 21 octobre | 11 novembre | 43 | 725 mm |
| Amiens | 33 m | 56 km | 17 avril | 5 mai | 17 octobre | 4 novembre | 47 | 680 mm |
| Clermont-Ferrand | 404 m | 256 km | 19 avril | 9 mai | 6 octobre | 26 octobre | 66 | 715 mm |
| Fiefs | 183 m | 51 km | 15 avril | 14 mai | 17 octobre | 9 novembre | 53 | 1 090 mm |
| Mende | 735 m | 114 km | 23 avril | 16 mai | 4 octobre | 19 octobre | 87 | 840 mm |
| Beauvais | 67 m | 87 km | 19 avril | 18 mai | 14 octobre | 30 octobre | 53 | 655 mm |
Les prévisions
Les prévisions viennent d’Open-Meteo (données CC BY 4.0), qui s’appuie sur les modèles de Météo-France pour les premiers jours. Elles sont mises à jour chaque nuit pour les communes les plus peuplées et, pour les autres, à la première visite de la journée. Si elles datent de plus de 36 heures, nous ne les affichons pas.
Le thermomètre officiel est placé sous abri, à 1,5 mètre du sol. Par nuit claire et calme, le sol et les plantes sont plus froids que l’air mesuré à cette hauteur : la culture peut geler alors que l’abri indique encore plusieurs degrés au-dessus de zéro (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). C’est pourquoi nous signalons un risque de gelée au sol dès 3 °C sous abri.
Le calendrier des semis
Dans le tableau des douze mois, le vert marque la période retenue d’après nos sources. L’orange est un calcul sur les gelées de la commune, pas un conseil de culture sourcé : pour un légume frileux dont la fenêtre s’ouvre à cause des gelées, il couvre les jours où il gèle encore une année sur deux, mais plus neuf années sur dix ; on peut alors planter à condition de couvrir en cas de gel. Le gris signifie seulement que nos sources ne donnent pas de période pour ces mois.
Chaque plante du calendrier repose sur une source publique ou technique, citée mot pour mot sur le calendrier de chaque commune ; une plante sans source n’y entre pas. Nous suivons trois règles :
- pour les légumes qui craignent le gel (tomate, courgette, haricot), la fenêtre s’ouvre quand, neuf années sur dix, il ne gèle plus dans votre commune, et seulement lorsque la température minimale normale de la commune atteint le « zéro de végétation » du légume, en dessous duquel il cesse de pousser : 7 °C pour la tomate (Jardins de France ; l’INRAE donne 12 °C), 8 °C pour la courgette et 10 °C pour le haricot (Agrobio Bretagne), 10 °C pour le basilic (SNHF). Aucune source ne chiffre l’aubergine, le poivron et le piment, plus exigeants en chaleur que la tomate selon la SNHF : nous leur appliquons au moins le seuil de la tomate. Quand la source donne aussi un mois (concombre et courge « en mai », patate douce « à la mi-mai »), la fenêtre ne s’ouvre ni avant ce mois ni avant la fin des gelées de la commune. C’est là que le climat local compte le plus ;
- pour les légumes rustiques, nous reprenons les mois indiqués par la Société nationale d’horticulture de France ;
- pour la pomme de terre, la fenêtre d’Arvalis pour le nord de la Seine (fin mars à fin avril), dans un sol à 8 °C au moins.
Ces mois ne valent pas partout. La SNHF les donne sans précision de région pour la plupart des légumes, et pour le petit pois et la fève elle les réserve explicitement à l’Hexagone hors Midi et Sud-Ouest. Par prudence, nous ne les appliquons pas là où le climat est très différent : Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Corse, sud de la Nouvelle-Aquitaine (Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques), Ardèche, Drôme et communes de 700 m d’altitude ou plus. Exception : dans le Sud-Ouest (Ariège, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Gironde, Landes, Lot, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées, Tarn, Tarn-et-Garonne) et le Midi intérieur (Drôme, Ardèche, Aveyron, Lozère, Hautes-Alpes), hors montagne, faute de source régionale suffisante, ces mois sont retenus pour les plantes qui ne craignent pas le gel, sauf la fève et le petit pois. Quand une source nomme une région, la plante reçoit une fenêtre propre à cette zone : Méditerranée, Sud-Ouest, Bretagne, Midi, Midi intérieur (Drôme, Ardèche, Aveyron, Lozère, Hautes-Alpes), nord de la Seine, montagne (communes de 700 m et plus, où une plante sensible au gel attend en outre la fin des gelées de la commune). Une plante peut avoir deux ou trois fenêtres dans l’année, chacune sourcée : semis de printemps et d’automne de l’épinard, plantation des fraisiers en fin d’été, et au printemps pour les remontants. Une plante frileuse n’est pas proposée là où les nuits normales n’atteignent jamais sa température minimale. Au nord de la Loire, le melon, l’aubergine, le poivron, le piment et la patate douce sont présentés « sous abri » (serre, tunnel, châssis ou protection), comme le conseillent la SNHF et la chambre d’agriculture de Normandie : là-bas, l’été manque de chaleur pour mûrir leurs fruits en pleine terre. La commune retient la fenêtre de la zone la plus précise qui la concerne ; l’aubergine, le poivron ou la pastèque s’ouvrent ainsi plus tôt à Nice qu’à Lille parce que leur date dépend de la gelée propre à chaque commune, et certains légumes, comme l’artichaut en Bretagne ou la patate douce en Provence, ne figurent que là où une source les documente. Quand aucune source ne couvre la zone, la fiche indique « calendrier en cours de sourçage » : nous préférons ne pas donner de date plutôt qu’une date non sourcée.
Chaque semaine, la fiche vérifie aussi les prévisions : un légume sensible au gel n’est pas conseillé si une nuit froide est annoncée, et un semis qui demande un sol chaud attend que la température du sol prévue l’atteigne. Quand une source ne donne pas de date de fin, la plante reste signalée quatre semaines.
Les autres sources
Liste des communes : API Découpage administratif (Etalab). Altitudes : service d’altimétrie de l’IGN. Trait de côte : Natural Earth. Photos : Unsplash (Pawel Andrzejczak, Sandie Clarke, Ries Bosch, Erik Esly).