Protéger ses plantes du gel : les gestes qui comptent

La meilleure protection contre le gel se prépare à l’avance : planter les légumes sensibles après la fin du risque et éviter les creux où l’air froid stagne. La veille d’une nuit froide, couvrez les cultures, rentrez les pots et ne travaillez pas le sol.

Agir avant le gel

Le ministère de l’Agriculture de l’Ontario distingue deux familles de méthodes : les méthodes indirectes, prises bien avant le gel, comme le choix des dates de culture, des espèces et des terrains, et les méthodes directes, mises en œuvre quand le danger est présent (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). Les premières sont probablement les plus économiques et les plus efficaces.

La veille d’une nuit froide

Couvrir. Le recouvrement des cultures réduit la perte de chaleur de la surface du sol ; sur de petites surfaces, paille, boîtes ou plastique conviennent (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). Un voile d’hivernage épais apporte environ 2 °C de protection (RHS). Les matériaux minces comme le plastique ne doivent pas toucher les plantes, car ils sont généralement plus froids que l’air qu’ils emprisonnent. Retirez les couvertures pendant la journée : l’air plus humide qu’elles enferment augmente le risque de certaines maladies. Pour une pomme de terre déjà levée, un pot de fleurs retourné sur chaque plante peut suffire pour la nuit (Tournesol).

Rentrer. Tomates, poivrons, aubergines, courgettes, potirons, haricots ou maïs sortis trop tôt doivent être protégés, idéalement rentrés, si du gel ou même des températures de 1 à 2 °C sont annoncés (Tournesol). En bac hors sol, et plus encore en pot, la terre emmagasine moins de chaleur qu’en pleine terre : une graine ou une jeune pousse y gèle plus vite.

Laisser le sol tranquille. Un sol meuble est plus froid en surface qu’un sol tassé, parce qu’il conduit moins bien la chaleur la nuit : ne travaillez pas le sol quand une gelée est annoncée (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). Par temps sec, humidifier un sol sec améliore la protection, à condition de le faire bien avant la gelée pour que le soleil puisse le réchauffer (FAO).

Le paillis, un mauvais allié par nuit de gel

Un paillis étalé sur le sol isole : il gêne l’absorption de la chaleur le jour et sa restitution la nuit, et augmente ainsi le risque de gel au niveau des plantes (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). L’ADEME déconseille de pailler quand il gèle, car le paillis freine le réchauffement du sol, et conseille de le retirer au début du printemps au potager (ADEME). Voir le guide Pailler son potager.

Quelles plantes protéger en priorité

Selon le ministère ontarien, tomates, concombres, poivrons, courges et haricots subissent des dommages quand la culture atteint 0 à -1 °C, la pomme de terre entre -1 et -2 °C (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). À l’inverse, les jeunes pousses de carotte sont assez résistantes et n’ont pas besoin d’être protégées pour une gelée nocturne ; ail, oignon et échalote résistent au froid au printemps (Tournesol).

Questions fréquentes

À partir de quelle température faut-il couvrir ?

Nos fiches signalent un risque de gelée au sol dès 3 °C sous abri, car les plantes peuvent geler alors que l’abri indique quelques degrés de plus (notre méthode). Pour les laitues, l’association Tournesol conseille de couvrir quand des gels de -2 °C à -3 °C sont annoncés (Tournesol).

Faut-il arroser avant une nuit de gel ?

L’irrigation juste avant une gelée ne fait pas l’unanimité : l’humidité améliore le stockage de la chaleur dans le sol, mais l’évaporation limite son réchauffement le jour (ministère de l’Agriculture de l’Ontario). Si le sol est sec, mieux vaut l’humidifier bien à l’avance (FAO).

Une couverture suffit-elle contre une forte gelée ?

Pas toujours. Un voile épais apporte environ 2 °C de protection (RHS), et contre un gel venu avec une masse d’air froid et du vent, il est rare que l’on puisse éviter les dégâts (ministère de l’Agriculture de l’Ontario).

Sources